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Comme il faut un commencement à tout blog, je vais démarrer le mien par un bref historique de ma vie de musicien (amateur).
Je dois tenir cette passion dévorante de l'écoute de la musique et de sa pratique par les gènes que m'ont laissé mes grands-parents tous deux eux-mêmes
musiciens.
Mon grand-père était un accordéoniste tout-à-fait talentueux orienté "Musette" et se produisait à l'occasion de "bals de quartiers" de la région Parisienne à l'époque bénie des années 1930.
Sur la fin de sa vie, il s'était intéressé particulièrement à la pratique de la mandoline et de la cithare.
Ma grand-mère, quant à elle, avait orienté son choix sur le violon.
Né au début des années 50, je me souviens de cette grande époque du début des années 60 où SLC (Salut les copains) et Radio-Caroline (radio pirate) inondaient les ondes des premiers succès des
Beatles, Rolling-Stones et autres Beach Boys.
D'où la question légitime que me posaient régulièrement mes parents (surtout mon père qui n'a jamais manifesté d'intérêt marqué pour ma passion):
"Mais comment peux-tu faire correctement tes devoirs avec cette radio ?"
L'adolescence est une période de la vie qui révèle ce genre de passion et signe les débuts de la pratique d'un instrument.
Je n'ai pas échappé à cette règle, et c'est vers l'âge de 12-13ans que mon choix s'est porté sur la pratique de la guitare.
Une anecdote croustillante qui a marqué profondément mes débuts hasardeux:
- Le collège (religieux) dans lequel m'avaient inscrit mes parents organisait tous les ans une fête qui regroupaient éleves, parents et professeurs.
- Aux seules fins de pratiquer un peu l'instrument de mes convoitises, je m'était porté "volontaire" pour tenir la guitare en accompagnement d'un camarade de ma classe qui, lui, était
particulièrement bien avancé dans la pratique de l'accordéon.
- Cette guitare et l'ampli qui l'accompagnait étaient aimablement prêtés par mon professeur de solfège, Mr. Ribaud. Un homme charmant, frappé malheureusement de cécité, qui était la gentillesse
incarnée.
- J'avais obtenu de l'administration du collège de me libérer quelques heures par semaine pour, soi-disant, m'entraîner en vue de cette fameuse fête.
- En fait, je profitais de ces heures de "récréation" pour profiter de la pratique maladroite d'un instrument que je ne maîtrisais pas le moins du monde.
- Cette période bienheureuse a pris fin le jour de cette fameuse fête où il a bien fallu que je justifie de toutes ces heures passées à soi-disant répéter le répertoire du camarade.
- Et, le pire, c'est que j'ai été jusqu'au bout. Installation du matériel sur l'estrade qui nous servait de scène. Début du premier morceau où je faisais semblant de frotter les cordes afin qu'on
entende pas trop les "pains" qui ne manquaient pas de s'échapper de l'instrument malmené. Pour terminer par une fin anticipée de ma "prestation" pour raison d'incompétence guitaristique
notoire.
- L'administration du collège n'a pas voulu ajouter à ce qui avait été pour moi un échec cuisant. Mais je me souviens très précisément du climat pesant dans lequel j'ai rejoint le domicile
familial en compagnie de ma soeur et de mes parents.
En conclusion de ce grand moment de solitude, tout comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, j'ai pratiqué l'"Air guitar" bien avant l'heure.
Mes parents ont dû se dire: "S'il est capable de se ridiculiser en public dans le simple intérêt de se rapprocher de l'instrument, c'est peut-être du sérieux". D'où ce qui suit...
Ma première guitare m'a été offerte par mes parents. N'ayant pas beaucoup de moyens financiers, ils m'ont donc offert une copie de guitare Jazz dont le fabricant SBM existe semble-t'il toujours
aujourd'hui.
Elle trônait dans la vitrine d'un disquaire de Laval vendant accessoirement quelques instruments de musique.
Je me vois encore piaffer d'impatience, le jour venu, à attendre le bus qui devait nous conduire en ville pour procéder à son achat:
J'y ai écorché mes premiers accords appris au gré de lecture de revues musicales ou au contact d'autres camarades musiciens plus avancés que moi.
Les premières expériences de pratique musicale communautaire (c'est à dire en présence d'autres musiciens et d'un public) ont été les bien connus "Feux de camp" de ma jeunesse. Tous assis
autour du feu sur une plage de Normandie (Saint-Martin de Bréhal pour être précis) à la tombée de la nuit et reprenant (déjà) des chansons d'Hugues Aufray et autres Beatleseries.
Il est vrai que, pour peu qu'on ne soit pas trop mauvais dans cet exercice, la guitare est un instrument qui favorise sensiblement le rapprochement des sexes. Mais ça se limite à une
reconnaissance éphémère (juste la période des vacances) et ne s'applique qu'à la génération adolescente.
Autre période marquante, la mode du picking (technique d'arpèges aux doigts). Cette technique de jeu a été largement popularisée par Marcel DADI au début des années 1970.
DADI a eu, par ailleurs, l'excellente idée d'inventer une méthode d'apprentissage dîte des "tablatures".
Cette méthode a permis à nombre de guitaristes amateurs de progresser dans cette technique sans avoir pour autant à investir dans de coûteuses heures de cours.
Il fallait par contre s'investir dans l'apprentissage de cette méthode et ne pas compter ses heures de travail.
En pleine période "flowers power", j'ai cédé à l'appel des chansons de pacifistes telle que Joan Baez, Léonard Cohen et bien d'autres, et je trouvais que la douze cordes avait une sonorité qui se
prêtait particulièrement à ce style.
C'est donc dans ce contexte que mon grand-père, cette fois, décida de sacrifier à mes nouvelles tendances en m'offrant une splendide Klira dreadnought 12 cordes.
Passer de six à douze cordes n'est pas chose aisée, surtout quand on ne maîtrise pas pleinement la six cordes et surtout compte tenu de la largeur du manche de cette Klira pour mes petites mains
d'adolescent.
Il fallait appliquer une force conséquente sur le manche (surtout pour les barrés) afin d'éviter le frisement des cordes.
Je jouais donc cette guitare plutôt en accompagnement (accords) qu'en arpèges (du fait du rapprochement des cordes).
Mais ce son était si séduisant à l'oreille que je ne m'en lassais pas. J'ai traversé toute ma période Crosby Steele Nash and Young avec cette guitare.
A titre anecdotique, je me souviens d'une rentrée scolaire pour le moins agitée qui avait eu pour conséquence une grève quasi générale du corps enseignant pendant plusieurs semaines. Ce qui nous
avait laissé, à mes camarades de classe guitaristes et moi-même, la possibilité de répéter de nombreuses heures dans la cour de récréation en attendant que nos chers professeurs aient règlé leurs
différents avec leur administration de tutelle.
On était en pleine période du disque "In the court of the Krimson King" en 1969. On a dû jouer le titre éponyme un nombre incalculable de fois durant cette période.
Puis, retour à des envies d'arpèges en écoutant "Simon & Garfunkel" (notamment leur disque live enregistré lors de leur concert mythique à Central Park en 1981).
N'ayant toujours pas les moyens de m'acheter l'Ovation acoustique de mes rêves, je me rabats donc sur une copie asiatique de la marque Maxwin.
C'est avec cette guitare que je vais enfin pouvoir apprécier l'étude des arpèges sans me "massacrer" les doigts sur des frettes mal finies ou des cordes à des
kilomètres du manche.
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